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Les régions, départements et communes de France boycottent la Conférence nationale des territoires

jeu, 06/09/2018 - 10:44
En direct de l'institutionnel

Les trois associations d'élus les plus importantes représentant les régions, départements et municipalités de France n'ont pas participé le 12 juillet 2018 à la troisième édition de la Conférence nationale des territoires, ce lieu de dialogue et de négociation entre l'État et les collectivités mis en place par l'exécutif l'an dernier. Elles dénoncent un simulacre de dialogue avec l'exécutif, la meilleure traduction de cette rupture étant le refus (partiel) de leurs membres de contractualiser financièrement avec l'État.
L'Assemblée des communautés de France, France Urbaine et Villes de France étaient représentées, défendant leur engagement auprès de l'État, appelant toutefois à des "améliorations" dans le cadre de la conférence.

Régions de France, l'Assemblée des Départements de France et l'Association des Maires de France ne cachent pas depuis des mois leur dialogue compliqué avec l'État, malgré la promesse présidentielle d'un renouvellement de la méthode de discussion.
"On ne peut pas nous mettre deux claques sur le visage et nous demander de collaborer au quotidien de manière amicale et ouverte", résume Dominique Bussereau, le président de l'ADF, justifiant cette politique de la chaise vide à la conférence, que son association avait officialisée quelques jours auparavant.
Les départements ont été rejoints par Régions de France et l'AMF, dont le président François Baroin estime que "le gouvernement a tout fait pour se mettre dans l'impasse". "Nous étions très favorables à la CNT, puisque nous l'avions demandée. Mais l'idée de la CNT, c'est de faire un pas l'un vers l'autre. Or depuis un an, les décisions sont prises de manière unilatérale. Naturellement, les maires de France sont solidaires des départements. Nous quittons collectivement la table des discussions".
Les trois élus pointent un "dédain" de l'État à l'égard des collectivités, y compris du président de la République lui-même, et un "simulacre de dialogue", selon les termes d'Hervé Morin, le président de Régions de France.
Pour François Baroin, le problème de fond est que l'administration centrale, sous ce gouvernement, considère que les "territoires font partie du monde d'avant, alors que c'est celui de demain". "C'est un terrible échec politique" pour le gouvernement, renchérit Dominique Bussereau.

Dans une tribune publiée le 3 juillet, les trois présidents estiment que "jamais depuis 1982, la décentralisation n'a été autant en danger". "Nous n'avons plus confiance", écrivent-ils encore. "Nous voyons de plus en plus clairement réapparaître un pouvoir technocratique et centralisateur". "Nous sommes [donc] heureux d'être ensemble pour dire à l'État que nous ne reviendrons [à la table des négociations] que s'il propose une feuille de route" prouvant une "décentralisation réellement engagée", fait valoir Hervé Morin. De quoi presque regretter la période de baisse des dotations sous l'ère de François Hollande qui avait au moins le mérite d'être "franche", souligne François Baroin.

Bien qu'Hervé Morin souligne que la "fâcherie autour de la contractualisation [soit] un épiphénomène par rapport au ressenti d'une défiance de l'État vis-à-vis des collectivités", ce premier sujet est brûlant.
La disparité est grande puisque si 83 % des maires et présidents d'agglomération concernés et 95 % des présidents de métropole ont signé, seuls 44 % des présidents de conseils départementaux et neuf (sur 17) présidents de conseils régionaux l'ont fait, soit moins de la moitié.
Selon Hervé Morin, ces signatures s'expliquent avant tout par des compensations financières conditionnées à la signature.
François Baroin, maire de Troyes, est le signataire d'un contrat qu'il "fustige" pourtant et qualifie de "farce" et de "contrat léonin". Ses collègues et lui y voient une "mise sous tutelle" des collectivités. Pour "réentamer" le dialogue avec l'État, il faudra que celui-ci prenne sa part sur les investissements, en contrepartie de la signature, et que soit prévue une clause de revoyure dès le printemps prochain. Son propre contrat deviendra caduc aussitôt que l'État ne tiendra pas ses engagements financiers, prévient-il. Ce sera le cas par exemple pour Troyes si l'exécutif ne trouve pas les 40 millions d'euros avancés par la région pour l'électrification de la ligne de chemin de fer Paris-Troyes.
"Cette contractualisation est une lettre de cachet lancée par le monarque Emmanuel Macron aux collectivités", assure Gaël Perdriau, le maire de Saint-Étienne et seul président de métropole à avoir refusé de signer avec l'État. "Je serai le sans-culotte des collectivités territoriales en portant leur voix", défend-il, soulignant que "les premières victimes de cette contractualisation seront les communes rurales qui n'ont aucune marge financière et que les grandes collectivités ne pourront plus aider à l'avenir".

Régions de France souhaite aussi que soient notamment réécrits les CPER 2015-2020 et, là encore, assumés les engagements financiers de l'État. À deux ans de la fin de période, les sommes ne sont engagées qu'à hauteur de 15 % à 25 %, selon l'association. Ce qui a des conséquences sur les projets structurants des territoires et oblige les régions à avancer l'argent.

Toutes appellent à une "participation équitable" de l'État aux côtés des collectivités au redressement des comptes publics, alors que les collectivités vont contribuer entre 2018 et 2022 à un désendettement de la France à hauteur de 50 milliards d'euros, contre un accroissement de l'endettement du pays par l'État de 330 milliards.

Les élus jugent également nécessaire que l'exécutif valide une véritable liberté d'administration des collectivités, ainsi que leur autonomie fiscale et financière. Un signal pourrait venir de l'adoption de la proposition de loi relative à l'équilibre territorial et à la vitalité de la démocratie locale, amendée de propositions des associations d'élus. Ils attendent beaucoup de la révision de l'article 72 de la Constitution ces prochaines semaines.

Les associations qui se sont rendues à la CNT soulignent le besoin d'"un dialogue constructif mais exigeant" avec le gouvernement et font valoir qu'elles présenteront "une liste des améliorations majeures", avec entre autres celle de déduire les recettes apportées par l'État ayant fait l'objet d'une contractualisation avec la collectivité : "Si l'État souhaite contribuer à des dépenses locales par subvention, la recette versée doit être déduite de la dépense effectuée". Elles demandent également "la possibilité, pour le préfet ou la collectivité, de saisir pour avis la chambre régionale des comptes". Et indiquent enfin que "le dialogue avec les parlementaires autour de ces améliorations est maintenant commencé", alors que le débat d'orientation budgétaire sera entamé d'ici quelques jours.

(Source : AEF)

Pacte financier : un peu moins de 3 collectivités sur 4 concernées ont contractualisé avec l'État pour réduire leurs dépenses de fonctionnement

jeu, 06/09/2018 - 10:42
En direct de l'institutionnel

"230 collectivités sur les 322 concernées (71%)" ont signé, au 30 juin 2018, un contrat de maîtrise de la dépense publique avec l'État, ont annoncé Jacqueline Gourault et Olivier Dussopt le 13 juillet 2018 : "la quasi-totalité des métropoles, plus de 80 % du bloc communal, la majorité des régions et plus d'un département sur deux". Les deux ministres y voient la "preuve" que "les collectivités, dans leur grande majorité, ont accepté de s'engager dans une véritable relation de confiance".
Ces propos sont tenus le lendemain de la Conférence nationale des territoires marquée par une rupture du dialogue entre l'exécutif et plusieurs associations d'élus qui appellent à repenser les termes du dialogue entre l'État et les territoires.

La loi de programmation des finances publiques pour 2018-2022 prévoit que les 92 structures publiques locales non signataires devront respecter elles aussi le plafond global d'évolution de leurs dépenses de fonctionnement de 1,2% par an en valeur. Comme pour les collectivités signataires, le taux s'imposant à chacune d'elles pourra être plus élevé, ou plus bas, en fonction des critères de modulation inscrits dans la loi (évolution démographique, construction de logements, revenu moyen par habitant…). Chaque préfet décidera de leur éligibilité ou non aux critères de modulation.

Une instruction interministérielle adressée le 23 juillet 2018 par le ministre de l'Intérieur et celui de l'Action et des Comptes publics et leurs secrétaires d'État respectifs aux préfets de région, de département et aux DRFIP, leur précise la marche à suivre, les délais et les procédures pour les collectivités territoriales soumises à la contractualisation financière avec l'État et qui n'ont pas signé.
Les représentants de l'État détermineront le niveau maximal annuel des dépenses réelles de fonctionnement qui va s'imposer aux collectivités et EPCI à fiscalité propre non-signataires pour la période 2018-2020. Ils leur communiqueront leur projet d'arrêté et leur exposeront les éléments d'explication justifiant leur choix.
La collectivité ou le groupement aura alors la possibilité de formuler ses éventuelles observations sur le projet d'arrêté, dans un délai qui sera "par exemple" d'un mois. En parallèle, le préfet proposera à la collectivité un entretien pour présenter ses observations et échanger sur le projet d'arrêté.
"À l'issue du délai imparti et après, le cas échéant, prise en compte des observations de la collectivité", le représentant de l'État notifiera à celle-ci l'arrêté "dans les meilleurs délais".

Le troisième comité de suivi de la contractualisation financière entre l'État et les collectivités "a convenu de la création, d'ici à la fin de l'année, de groupes de travail techniques chargés d'élaborer les modalités précises de procédure d'examen annuel des résultats, qui aura lieu pour la première fois au premier semestre 2019, et, le cas échéant, celles relatives aux reprises financières".

La procédure se déroulera de la même manière pour les collectivités ayant signé un contrat et celles qui n'en ont pas approuvé un. Mais, en cas de dépassement de l'objectif fixé à la collectivité, le taux de reprise financière pour les entités ayant refusé de signer un contrat, sera égal à 100% de l'écart entre les dépenses exécutées et le plafond notifié, dans la limite de 2% des recettes réelles de fonctionnement du budget principal. Il sera de 75% (dans la même limite) pour les collectivités signataires.

Pour en savoir plus
Circulaire
Liste des signataires

(Sources : Caisse des dépôts et AEF)

Affaire Tefal : l'inspectrice du travail devant la Cour de Cassation

mer, 05/09/2018 - 17:11

Laura Pfeiffer, 38 ans, était inspectrice du travail à Annecy, en Haute-Savoie. En charge du secteur où se trouve Tefal (groupe Seb), son inspection va tourner au calvaire, la conduisant à devenir lanceuse d'alerte sur les pressions subies par sa profession. Elle est aujourd'hui, mercredi 5 septembre, devant la Cour de Cassation, où un rassemblement à lieu à l'appel de la CGT SNTEFP.

Justice

Tout commence lorsque Laura est sollicitée par les organisations syndicales de l'entreprise Tefal sur leur accord d'aménagement de la durée du travail. En l'espèce, les agents de maîtrise de l'entreprise font beaucoup d'heures, mais ils ne sont pas au forfait et ne pointent pas, laissant toutes leurs heures supplémentaires impayées. Les salariés sont volés, l'État aussi (via la fraude aux cotisations sociales).

La pointeuse installée, Tefal s'aperçoit que le coût en heures supplémentaires est trop important. Elle décide de faire signer des conventions de forfait à ces agents de maîtrises. Saisie, Laura Pfeiffer s'aperçoit que les conventions ne sont pas valides et enjoint l'entreprise à en faire de nouvelles qui soient cette fois légales, avec des dispositions claires, conformes à la loi.

En 2013, elle est convoquée par son supérieur, le directeur départemental de l'inspection du travail. Ce dernier, pendant deux heures et demi, l'invective, exerce du chantage et menace sa carrière si elle ne revient pas sur sa position vis-à-vis de Tefal : « Moi je suis en fin carrière je n'ai rien à craindre, mais vous, vous êtes en début de carrière, méfiez-vous. » S'en suivirent six mois d'arrêt maladies pour Laura, dévastée par cette réunion qui « a saboté tous les fondements sur lesquels je m'appuyais pour exercer mes missions ».

En octobre 2013, elle reçoit des documents d'une personne anonyme qui prouve qu'il y a un complot contre elle. Son directeur départemental est de mèche avec la société Tefal. Dans des notes internes, l'entreprise planifie, via le Medef de la métallurgie, d'user de ses relations pour dégager Laura. Elle saisit le conseil national de l'inspection du travail (CNIT) pour atteinte à son indépendance, joignant les documents prouvant l'exercice de pressions extérieures indues et mettant en copie les organisations syndicales.

En 2014, les relations avec son directeur départemental se dégradent, elle porte plainte à son encontre pour harcèlement moral. Cependant, c'est bien elle qui recevra plus tard une convocation au tribunal correctionnel d'Annecy, pour recel de documents volés et violation du secret professionnel. C'est le coup de massue : elle qui avait toujours cru en la justice et l'État de droit se rend compte que lorsque ce sont des puissants aux manettes, qu'il y a des enjeux politique forts et de l'agent en jeu, des emplois, tout ce qui est justice, droit et morale n'existe plus. Le procureur de la République d'Annecy en est le bien triste exemple.

Avant même la tenue du procès de Laura, ce dernier s'est permis une sortie dans le journal l'Humanité du 21 mai 2015 soulignant qu'il connait « très bien le directeur en question, qui est un homme charmant ». Alors que l'enquête pour sa plainte est en cours, le procureur de la république déclare que son potentiel agresseur est un homme charmant qu'il connait personnellement...

Son procès se traduira par 7 heures 30 d'invectives à son égard, l'avocat de la partie civile (Tefal) finissant même les auditions par « je n'ai pas grand-chose à dire, madame, la présidente et monsieur le procureur ont fait le travail à ma place ». Choquant ! Laura est condamnée, peine qui sera confirmée en appel en octobre 2016 : elle forme alors un pourvoi en cassation.

Résultat, Tefal a eu ce qu'il voulait : Laura ne les contrôle plus, les agents de maîtrise ont signé des avenants où ils gagnent la même chose que lorsqu'ils travaillaient 35h, alors qu'ils en travaillent 41. Le DRH, Dan, est devenu DRH France pour service rendu. En l'espèce, tous les PV dressés à son encontre ont été classées, tout comme la plainte de Laura contre son directeur départemental pour harcèlement.

Ainsi, pour la CGT, c'est le procès d'une société, dans le contexte de la loi de protection des lanceurs d'alerte promulguée le 9 décembre 2016, mais aussi de celle toute récente sur le secret des affaires, pour la liberté d'expression et contre l'impunité organisée des puissants !

« Selon que vous serez puissant ou misérable, - Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » Jean de la Fontaine

A quoi joue le Medef ?

mar, 04/09/2018 - 14:32

Depuis la fin des régimes complémentaires Agirc et Arrco, des négociations sur la définition de l'encadrement ont lieu afin de définir son périmètre, ses droits et ses moyens associés, permettant aux travailleurs de l'encadrement d'exercer leur activité professionnelle.

Négociation sur l'encadrement

Malheureusement, la définition de l'encadrement n'intéresse vraiment pas le Medef, comme s'en indigne sur twitter Marie-José Kotlicki, secrétaire générale de l'UGICT-CGT : « Ahurissant : le Medef annule les bilatérales sur la négociation encadrement : leur chef de file rend son tablier ! Quel mépris pour les salariés concernés et le paritarisme ». Cette annulation, due au fait que le « représentant du Medef en charge du dossier rend son tablier » souligne la mauvaise volonté et l'absence de travail du Medef, leader lorsqu'il s'agit de réduire de manière drastique les droits au chômage des cadres.

La CGT reste déterminée à aller jusqu'au bout de cette négociation, dans les délais initialement prévus, contactant les autres organisations syndicales pour en imposer le respect. En l'espèce, l'accord d'octobre 2015 (Agirc/Arrco) actait des négociations avec une date butoir le 31 décembre 2018 pour obtenir un accord.

La France condamnée à l'ONU pour l'arrêt Baby Loup

lun, 03/09/2018 - 16:52
LIBERTÉS EN ENTREPRISE

Dans une décision du 10 août 2018, la France a été condamnée par le Comité des droits de l'homme de l'ONU, pour atteinte à la liberté religieuse dans l'entreprise et au principe de non-discrimination. Cette juridiction chargée de veiller au respect du Pacte international relatif aux droits civils et politiques avait été saisie en dernier recours par une salariée injustement licenciée.
Employée par une crèche privée Baby Loup, la salariée avait été licenciée pour avoir refusé de retirer son foulard contrairement à un principe de neutralité prévu par le règlement intérieur de l'entreprise. La Cour de cassation avait, en 2014, estimé que le règlement intérieur de la crèche pouvait restreindre la liberté de la salariée de manifester sa religion et que son licenciement était donc valable.
Le Comité des droits de l'homme juge, d'une part, que l'interdiction faite à la salariée de porter son foulard sur son lieu de travail constitue une atteinte à la liberté de manifester sa religion dans l'entreprise. Il estime que le port d'un foulard par une éducatrice de la crèche ne portait pas atteinte aux enfants et aux parents la fréquentant donc que son interdiction n'était pas « nécessaire ». D'autre part, il considère que la salariée a subi une discrimination basée sur le genre et la religion. Il précise que les « restrictions à la liberté de manifester sa religion ou ses convictions qui affectent particulièrement les personnes appartenant à certaines religions et les filles » ont des effets « sur le sentiment d'exclusion et de marginalisation de certains groupes [qui] pourraient aller à l'encontre des buts recherchés. » Ainsi, l'État se voit imposer d'indemniser la salariée licenciée et de « prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir des violations similaires à l'avenir. »
La CGT qui défend au quotidien les libertés des salariés ne peut que saluer cette décision. Les principes de neutralité ou de laïcité ne peuvent concerner que les agents du service public et non pas les salariés des entreprises privées. Le salarié est lié à son employeur par un contrat de travail. Il doit fournir un travail mais n'est pas tenu de renoncer à ses droits fondamentaux comme la liberté d'expression ni de se défaire de son identité. La CGT n'aura de cesse de veiller à ce que le pouvoir patronal soit suffisamment circonscrit, afin que les libertés ne s'arrêtent pas à la porte de l'entreprise.
Dans les entreprises, la CGT défend la liberté d'expression dans ses différentes composantes : liberté religieuse, de conscience, philosophique, syndicale, politique, vestimentaire, sexuelle, etc. Si l'on peut admettre des restrictions aux libertés notamment pour des raisons d'hygiène ou de sécurité, ces restrictions doivent être strictement encadrées.

Haro sur le principe de neutralité de la loi Travail
Depuis l'affaire Baby Loup, la loi « Travail » de 2016 a instauré un « principe de neutralité » dans le Code du travail. Ce faisant, cette loi a permis la généralisation à toutes les entreprises des restrictions aux libertés qui existaient dans la crèche Baby Loup. Des restrictions qui sont aujourd'hui condamnées.
La CGT rappelle son opposition au « principe de neutralité » dans les entreprises privées et la nécessité de l'abroger. Dans une société démocratique, la liberté devrait être le principe et sa restriction l'exception. Faute d'action de la part du gouvernement, il appartiendra à toutes les juridictions, du Conseil de prud'hommes à la Cour de cassation, de respecter le Pacte international relatif aux droits civils et politiques en neutralisant les dispositions législatives non conformes.

Paris, le 3 septembre 2018

50% des offres de Pôle emploi sont toujours illégales

lun, 03/09/2018 - 15:22

Le comité national des travailleurs privés d'emploi et précaires CGT vient de publier les résultats de l'étude menée sur les offres d'emploi disponibles sur le site pole-emploi.fr. En 2017, il avait déjà révélé que 50 % de ces dernières étaient illégales.

Privé.e.s d'emploi

Les chiffres sont indéniables : en 2018, 50% des offres d'emploi disponibles sur le site pole-emploi.fr sont toujours illégales, illustrant l'absence de mesures pour enrayer ce problème. Pôle emploi, qui préfère stigmatiser les privés d'emploi via le renforcement des sanctions en cas de refus d'offres d'emploi « raisonnables », diffuse des offres non-réelles, illégales et non conformes au droit de travail.

Sur 1708 offres étudiées, 75% venaient de plateformes privées et 50% comportaient des mentions illégales. De plus, si on s'intéresse en profondeur aux chiffres, on remarque que 62% des offres illégales venaient de plateformes privées et 68% des offres du secteur du service à la personne et à la collectivité sont illégales.

Outre les offres illégales, ce manque de contrôle se traduit par de nombreuses offres qui ne sont en réalité que des vitrines publicitaires. En ouvrant le site de pôle emploi aux sociétés privées de diffusion d'offres, son directeur général, Jean Bassères, a délibérément décidé de privilégier la quantité sur la qualité, les offres n'étant désormais plus contrôlées avant leur diffusion par un agent de Pôle emploi.

Le rapport souligne également qu'il faut en finir avec la légende des « offres non pourvues », puisque ces dernières, selon plusieurs études, ne représentent en réalité que 0,6% des contrats. Le but des privés d'emplois est de sortir de la précarité, pas de sombrer dans la misère et le déclassement. Or, l'étude montre que la majorité des offres diffusées ne sont que des contrats de travail temporaires d'une semaine (souvent annoncés comme des contrats de six mois).

Ainsi, le comité national des travailleurs privés d'emploi et précaires CGT exige Pôle emploi honore sa toute première mission : proposer des offres d'emploi légales.

Pour en savoir plus :

La CGT traque de nouveau les offres d'emploi illégales

ven, 31/08/2018 - 15:34
Privé·e·s d'emploi

En 2017, la CGT avait mis à jour de fausses offres d'emploi diffusées en toute transparence par... Pôle emploi ! Forte du succès médiatique rencontré l'an dernier dans sa dénonciation de la tartufferie de l'agence nationale pour l'emploi, la CGT a décidé de remettre les plats cette année. Du 30 au 31 août, des militants aguerris vont analyser quelque 1 000 offres d'emploi diffusées sur le site de Pôle emploi, à la recherche de toute anomalie qui rendrait ces offres... illégales.

Selon la CGT, une offre sur deux est illégale : « Pôle emploi, qui souhaite renforcer les sanctions en cas de refus d'offre d'emploi “raisonnable” diffuse des offres non réelles, illégales, et non-conformes au contrat de travail », dénonce la CGT. Qui s'élève contre les discours stigmatisant, assimilant les privés d'emploi à des « paresseux », des « profiteurs » et des « assistés ».

Comme le rappelle la CGT, les manquements à la réglementation de la diffusion d'offre d'emplois sont de plusieurs types :

  • l'offre n'existe pas ;
  • le type de contrat n'est pas conforme à la réalité ;
  • la durée de contrat n'est pas indiqué ;
  • aucun planning hebdomadaire pour les temps partiels…

La CGT exige de Pôle emploi de remettre en place un contrôle systématique de chaque offre, avant diffusion, par un agent public formé à cette tâche. Car l'algorithme de vérification des offres, pour le moins, ne fonctionne pas comme il le devrait.

CGT – FO – Solidaires – UNEF – UNL

ven, 31/08/2018 - 10:57
Communiqué commun

Pour les organisations syndicales de salariés, d'étudiants et de lycéens – la CGT, FO, Solidaires, UNEF et UNL- réunies le 30 août 2018, un constat s'impose et se renforce, celui d'une politique idéologique visant à la destruction de notre modèle social, favorisant notamment l'explosion des inégalités et la casse des droits collectifs.
Cette politique, ainsi que les mesures encore récemment annoncées par le gouvernement, relèvent d'une logique d'individualisation mettant à mal la solidarité et la justice sociale, valeurs essentielles de la cohésion sociale, et fragilisant une fois de plus les plus faibles, les précaires et les plus démunis.
Qu'il s'agisse :
des risques qui pèsent sur les droits des salariés-es et demandeurs d'emploi en matière d'assurance chômage ;
de la remise en cause du droit à l'avenir des jeunes par l'instauration d'une sélection à l'entrée de l'enseignement supérieur et par le gaspillage que constitue le service national universel ;
des atteintes au service public, en particulier CAP 22 ;
des destructions d'emplois au travers de la désindustrialisation
des attaques portées à notre système de santé ;
de la destruction de notre système de retraites ;
du gel des prestations sociales.
Les organisations signataires appellent le gouvernement à entendre les attentes sociales multiples qui s'expriment dans le public et le privé, par les actifs, les jeunes, les demandeurs d'emploi et les retraités-es, et qu'il ne soit plus uniquement guidé par l'obsessionnelle diminution de la dépense publique. Au moment où est annoncée une fois encore l'explosion des dividendes en France et dans le monde, il est temps de mener une politique de partage des richesses pour augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux.
Face à cette situation et à des décisions régressives qui s'opposent aux demandes légitimes des travailleurs et de la jeunesse, l'heure est à la défense des fondements de notre modèle social et à la conquête de nouveaux droits.
C'est pourquoi, les organisations signataires décident de faire du 9 octobre prochain une première journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle, étudiante et lycéenne.
Concernant la date de la journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle, l'Union syndicale Solidaires la validera lors de son instance nationale la semaine prochaine.
Les organisations signataires invitent les autres organisations syndicales et de jeunesse à s'y associer largement et à s'inscrire dans un processus de mobilisation.

Paris, le 30 août 2018

Pour la CGT, le gouvernement reste sourd aux salariés

jeu, 30/08/2018 - 16:29

Trois sujets étaient fixés à l'ordre du jour de la rencontre entre le gouvernement et les organisation syndicales le 28 août : assurance chômage, santé au travail et indemnités journalières. La CGT a souligné, en premier lieu, que la méthode employée par le gouvernement depuis son arrivée ne change décidément pas, et cela même après les déclarations d'intention du président de la République en juillet. Il n'y a donc aucune volonté de prendre en compte les aspirations des salariés.

Dialogue social

La CGT a dénoncé l'envoi du courrier de Matignon invitant les organisations syndicales quelques heures avant la parution de l'interview du Premier ministre dans Le Journal du dimanche et annonçant une série de nouveaux reculs sociaux (gel de nombreux minima sociaux, désindexation des pensions…). Peu d'éléments ont été apportés sur les différents sujets abordés. Nous avons rappelé que nous voulions justement parler des salaires alors que les dividendes explosent à l'échelle mondiale comme en France. Trois des 10 plus grosses entreprises concernées sont d'ailleurs françaises (Sanofi, Total, BNP). L'argent existe pour les actionnaires et jamais pour celles et ceux qui créent les richesses et n'ont que leur travail pour vivre.

Concernant l'assurance chômage, plusieurs réunions bilatérales vont avoir lieu (4 séances sur 3 semaines). La CGT a exigé en préalable la tenue de réunions multilatérales. Après les gages donnés au patronat, on peut s'interroger sur la volonté de lutter contre la précarité. Quel sens donne le gouvernement au terme de « permittence » et s'agit-il de culpabiliser encore les privés d'emplois ? Quelles nouvelles attaques contre les allocataires (dégressivité, suppression de l'indemnité en cas d'activité réduite, plafonnement à l'encontre des salariés cadres...) ? À toutes ces questions, pas de réponses, seul un calendrier de négociation interprofessionnelle est avancé entre octobre et janvier.

Concernant les questions de santé au travail, le rapport Lecoq devrait servir de base à une concertation, voire une négociation sur le volet qualité de vie au travail, mais ni le périmètre ni les questions retenues dans le rapport n'ont été explicités. Le gouvernement s'y refuse, malgré notre exigence d'ouvrir le débat autour de l'organisation et des conditions de travail.
Cette question est bien entendu à l'origine de l'augmentation des arrêts maladie, troisième sujet que le gouvernement veut traiter d'une manière budgétaire sans réfléchir aux causes, au coût et aux conséquences du mal-travail.
Le report de l'âge de la retraite et le maintien de salariés plus âgés en activité est timidement reconnue par la ministre comme une des causes de l'augmentation des arrêts, mais pas question de parler de pénibilité ou de départ anticipé ! Une concertation pourrait être programmée dans le courant du mois du septembre.

La CGT a dénoncé l'amalgame fait par le Premier ministre comparant les arrêts maladie à des jours de congés payés supplémentaires, propos insultants pour tous les salariés concernés. La CGT a réitéré la demande d'une réunion multilatérale avec le haut-commissaire à la réforme des retraites afin que le gouvernement dévoile enfin ses réels objectifs en la matière. Le gouvernement s'est mollement défendu de vouloir faire des économies sur le dos des travailleurs et des retraités. La CGT a signifié qu'elle n'est pas dupe de ce double discours et qu'elle revendique une véritable liberté de négocier pour gagner de nouveaux droits.

Une opération financière qui menace le service public

jeu, 30/08/2018 - 15:41

Dans son communiqué du 30 août, la fédération des activités postales et de télécommunications CGT revient sur l'annonce du gouvernement d'un désengagement de l'État du capital de La Poste au profit de la Caisse des dépôts et consignations menaçant une fois de plus un service public déjà fragilisé.

La Poste

Le gouvernement vient d'annoncer le désengagement de l'État du capital du groupe La Poste au profit de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui deviendrait l'actionnaire majoritaire. Par cette opération financière, le groupe La Poste prendrait le contrôle de la Caisse nationale de prévoyance (CNP).

La première étape serait une modification législative dans le cadre de la loi Pacte autorisant l'État à devenir minoritaire au capital du groupe La Poste.

Même si le gouvernement cherche à rassurer l'opinion en affirmant que La Poste restera à 100 % publique et continuera d'assurer ses missions de service public, ce changement d'actionnaire majoritaire pourrait remettre en cause l'unicité de La Poste et la complémentarité de ses activités, ainsi que le devenir des personnels.

Depuis longtemps, la CGT revendique la création d'un pôle financier public dans le cadre d'une appropriation publique démocratique permettant un contrôle public et social, afin de répondre aux besoins sociaux fondamentaux, développer les activités productives, l'emploi et les services publics dans les territoires.

L'annonce du gouvernement n'offre aucune garantie sur une telle finalité mais s'apparente plus à une opération de Monopoly financier.

Ce projet ne répond pas non plus aux attentes des postières et des postiers en termes d'augmentation des salaires, de créations d'emplois pérennes, d'amélioration des conditions de travail.

La fédération CGT des activités postales et de télécommunications conclut son communiqué du 30 août en rappelant qu'elle reste mobilisée avec les postiers pour porter ces exigences et gagner un service public postal pérenne de qualité accessible à toutes et tous, notamment par l'accès aux produits postaux, par le développement des bureaux de poste dans les territoires, la distribution 6 jours sur 7 et l'accès aux comptes pour tous.

Négocier sur la définition de l'encadrement et donner les moyens aux ingénieurs et cadres pour exercer leurs responsabilités n'intéressent décidément pas le Medef

jeu, 30/08/2018 - 13:36
Le Medef annule sine die la reprise des négociations sur le statut de l'encadrement !

Alors que l'accord d'octobre 2015 (Agirc/Arrco) actait des négociations avec une date butoir le 31 décembre 2018 pour obtenir un accord, seulement deux séances de négociations se sont tenues le 21 décembre 2017 et le 13 mars 2018, le Medef ayant annulé successivement 3 réunions pour finalement suspendre ces négociations dans l'attente des résultats de ses élections internes.
Bouquet final, l'annulation hier à 18h30 de toutes les bilatérales, la veille de celle CGT/Medef censée marquer la reprise des discussions sur le sujet.
La négociation est reportée sine die, au motif que le représentant du Medef en charge du dossier rend son tablier.
Le peu d'empressement du Medef à répondre aux attentes et son refus à remplir son obligation légale, passant outre sa signature de l'accord de 2015, illustrent son mépris envers les salariés de l'encadrement et le paritarisme.
Par contre, lorsqu'il s'agit de rogner de manière drastique les droits au chômage des cadres, le Medef est le premier à faire des propositions, s'asseyant volontiers à la table des négociations à Matignon.
Cette mauvaise volonté et l'absence de travail du Medef sur ce dossier contrastent avec l'investissement de toutes les organisations syndicales qui construisent ensemble des propositions concrètes de reconnaissance de l'encadrement, de définition de son périmètre et des droits et des moyens associés leur permettant d'exercer quotidiennement leur activité professionnelle.
La CGT est déterminée à aller au bout de cette négociation, dans les délais initialement prévus et contacte les autres organisations syndicales pour en imposer le respect.

À Montreuil, le 30 août 2018

La CGT fait sa rentrée !

jeu, 30/08/2018 - 10:52
Interprofessionnel

Stop à la répression

mar, 28/08/2018 - 15:57
GABON

Au mépris des lois nationales et des textes internationaux ratifiés par le Gabon, le ministre de l'Intérieur gabonais a annoncé in extremis l'interdiction de la marche organisée par la Dynamique Unitaire ce mardi 28 août.
Cette décision met, par ailleurs, en danger la vie des milliers de manifestants, qui ont prévu de manifester, en danger par son expression extrêmement tardive alors que nos camarades ont fait un recours gracieux et une demande d'encadrement dans les délais nécessaires.
La CGT condamne fermement cette décision et réaffirme son soutien aux travailleurs gabonais en lutte pour faire valoir leurs droits.
La CGT s'associera à toutes les plaintes et recours portés par la Dynamique Unitaire et souligne la responsabilité du ministère de l'Intérieur gabonais s'agissant de l'ensemble des conséquences d'une décision aussi grave à quelques heures d'un rassemblement populaire et délibérément pacifique.
Dès le début de la manifestation, la police a procédé à des dizaines d'arrestations arbitraires. Parmi les interpellés, il y a plusieurs responsables syndicaux et politiques venus soutenir les travailleurs mobilisés.
La CGT exige la libération immédiate de tous les manifestants.

Montreuil, le 28 août 2018

Le travail est malade : il faut le transformer !

mar, 28/08/2018 - 15:53
Rapport « santé au travail : vers un système simplifié pour une prévention renforcée »

On ne pourra transformer le travail qu'en instaurant une réelle démocratie au travail, pour que chaque travailleur ait les moyens d'agir pour faire ce qu'il estime être un travail de qualité, utile à la société. C'est bien celles et ceux qui travaillent qui sont les plus grands experts de leur travail.
La CGT affirme les liens entre les enjeux du travail, de santé et l'organisation des solidarités tout au long de la vie. Elle revendique historiquement la pertinence d'une intégration de l'ensemble des institutions et des acteurs œuvrant à cette politique.
En travaillant au quotidien auprès et avec les travailleurs, la CGT a l'ambition qu'ils deviennent acteurs de la transformation de leurs situations de travail. Cette démarche est fondamentale pour que le travail devienne facteur de bien-être et de bonne santé.
La remise ce jour du rapport « Santé au travail : vers un système simplifié pour une prévention renforcée » au Premier ministre annonce l'ouverture d'une négociation sur la politique de santé au travail. La CGT s'investira dans ce débat à partir de l'analyse de ce rapport mais, bien entendu, avant tout, à partir de ses propres revendications.
Ce document souligne les difficultés et les signes d'essoufflement de notre système de santé au travail, tout particulièrement concernant la prévention. Il recommande, pour plus d'efficacité, la création d'une structure plus simple d'accès regroupant les divers acteurs de la prévention.
La CGT met en garde. Nous avons trop d'exemples en France d'institutions fusionnées avec des moyens réduits qui sont devenues des lieux de souffrance au travail avec pour conséquence une dégradation du service rendu.
Pour éviter cet écueil, cette nouvelle entité doit se construire dans le respect des personnels, de leurs représentants et avec les moyens nécessaires. Tous les travailleurs des métiers de la prévention doivent être acteurs et décideurs dans ce projet d'ampleur.
Sur le plan budgétaire, la sollicitation des excédents de la branche AT-MP pourrait aller dans le bon sens. Toutefois, nous tenons à attirer l'attention sur la sous-déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles qui reste un fléau. La branche maladie de la Sécurité Sociale doit trop souvent prendre à sa charge les dégâts causés par le mal-travail.
Celui-ci ne peut plus être nié. Son expansion a contraint le gouvernement à réagir. Les politiques uniquement axées sur l'emploi ont laissé le travail au bord de la route. Les travailleurs attendent beaucoup plus qu'une simple rémunération. Ils veulent un travail qui soit porteur de sens, qui leur donne un rôle dans la société. Le travail est donc un enjeu démocratique. Il est un élément essentiel de la citoyenneté.
Les agents des trois versants de la fonction publique doivent bénéficier eux aussi, à part entière, de cette politique de prévention nationale et de santé. La CGT portera dans les négociations l'intégration de tous les salariés du privé, de la fonction publique et des entreprises publiques.
La CGT considère que ce rapport doit ouvrir le débat sur les questions du travail et de la santé. Il en constitue le point de départ et non la finalité. La CGT mettra tout en œuvre pour que les travailleurs puissent bénéficier d'un système de prévention de la santé au travail qui corresponde à leurs besoins. Elle le fera dans la négociation à venir, dans l'action quotidienne, sur les lieux du travail, afin que chaque travailleur s'y investisse et s'y émancipe.

Montreuil, le 28 août 2018

Signez la pétition contre les frais bancaires abusifs !

mar, 28/08/2018 - 10:41

Frais bancaires abusifs : il faut légiférer pour redonner du pouvoir d'achat !

Banques

L'Indecosa-CGT (Association pour l'information et la défense des consommateurs salariés) vous appelle à signer cette pétition (que vous trouverez en cliquant sur ce lien) adressée à Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, dont nous vous reproduisons le contenu.

Des bénéfices colossaux et injustifiés

Selon une étude de l'Institut national de la consommation (INC) et de l'Union nationale des associations familiales (Unaf), les frais pour incidents de paiement ont rapporté 6,5 milliards d'euros de revenus pour les banques et 4,9 milliards d'euros de bénéfice net en 2016 (soit 75 % de marge bénéficiaire !). Ces incidents sont traités, sans intervention humaine, de manière automatique grâce à l'informatique…

Un prélèvement moyen de 98 euros par Français adulte

La France compte un peu plus de 50 millions d'adultes sur une population totale de 64,7 millions d'habitants. Ces 4,9 milliards d'euros de bénéfice (exclusivement sur les frais d'incidents de paiement) représentent presque 100 euros par adulte (98 euros exactement).

Des frais de fonctionnement en diminution et des tarifs en augmentation

Ajoutons que les banques travaillent dans un contexte de baisse de leur frais de fonctionnement sans que les clients en tirent le moindre profit : les tarifs bancaires augmentent année après année — notamment les frais de tenue de compte qui se sont généralisés — alors que tous les réseaux bancaires ferment ou vont fermer des agences par centaines !

Une solution hypocrite et conforme aux intérêts des banques

Face à la polémique qui enfle sur les frais d'incidents de paiement, le Gouverneur de la Banque de France (ancien haut dirigeant de la BNP), après avoir consulté toutes les banques de la place, vient de proposer de mettre en place un plafonnement des frais d'incidents de paiement qui profiterait à moins de 500 000 personnes (1% de la population adulte du pays) au nom de la lutte contre la pauvreté. Quelle hypocrisie !

Faire prévaloir l'intérêt de la population sur l'intérêt des banques

Monsieur le ministre de l'Économie et des Finances, vous vous êtes engagé à mettre en place un plafonnement des frais d'incidents bancaires et vous avez déjà marqué votre intérêt pour le plafonnement purement symbolique préconisé par le Gouverneur de la Banque de France.

Monsieur le ministre de l'Économie et des Finances, nous vous appelons à remplir votre rôle et à faire prévaloir l'intérêt de la population sur des intérêts privés (qui vivent très bien au demeurant : 23,5 milliards d'euros de bénéfices en 2016 pour tout le secteur bancaire, ce qui représente 470 euros par adulte vivant en France …)

Nous exigeons que vous mettiez en place, Monsieur le ministre, un plafonnement des frais d'incidents bancaires pour toute la population et non pour 1 % de la population. Le système actuel et les bénéfices qu'il génère pour les banques est injustifiable et affecte gravement le pouvoir d'achat de l'ensemble de la population de manière totalement indue. C'est donc l'ensemble de la population qui doit profiter du plafonnement des frais d'incidents bancaires.

Une journée de mobilisation nationale se prépare le 9 octobre

mar, 28/08/2018 - 10:06

Suite aux déclarations du Premier ministre le dimanche 26 aout 2018, notamment sur les pensions de retraite, l'Union confédérale des retraités et 8 autres organisations et associations appellent à une grande journée nationale d'actions et de manifestations à travers toute la France le 9 octobre.

Retraités

Édouard Philippe a annoncé dans Le Journal du dimanche du 26 août un ensemble de mesures mettant à mal — comme d'habitude — le pouvoir d'achat des plus vulnérables (voir notre communiqué du 27 août 2018), dont bien sûr les retraités.

Après trois ans de blocage des pensions, une année 2018 sans aucune augmentation, la hausse de la CSG, le Premier ministre annonce une hausse des pensions de 0,3 % en 2019 et en 2020… pour un taux d'inflation mesuré par l'Insee de 2,3 % sur les douze derniers mois ! Pour rappel, la CGT revendique que les pensions soient indexées automatiquement sur l'évolution des salaires, pas soumises au bon vouloir du gouvernement.

Dans son communiqué, l'Union confédérale des retraités CGT (UCR-CGT) et « 8 autres organisations syndicales ou associations appellent les retraités à se mobiliser pour faire entendre leur voix et manifester leur mécontentement et leur colère à l'égard du gouvernement et de son président », dans une grande journée d'actions et de manifestations à travers toute la France, le 9 octobre prochain.

L'intersyndicale retraités des « 9 » se réunira le 7 septembre pour apprécier la situation. Des mobilisations sont d'ores et déjà prévues pour organiser la riposte et, le 5 octobre, des délégations venues de tout le pays déposeront les pétitions recueillies au président du groupe LREM.

Les retraités CGT appellent par ailleurs à se mobiliser sans attendre sous toutes les formes appropriées, en participant notamment aux initiatives proposées par l'intersyndicale.

Mettons-le dans les cordes !

lun, 27/08/2018 - 19:11
LE GOUVERNEMENT COGNE...

Fidèle à ses méthodes, Macron, par la voix de son premier ministre, a annoncé par voie de presse, un ensemble de mesures violentes contre les plus modestes, les familles, les retraités, les agents de la fonction publique et au final contre l'ensemble du monde du travail.
Contrairement aux prévisions vendues, la croissance ne sera pas au rendez-vous, ce qui prouve bien l'inefficacité des mesures prises. Pire, les orientations assumées de ce gouvernement vont aggraver la situation du pays.
Dans son obsession à toujours être au service des premiers de cordées et malgré un habillage marketing peu convaincant, tout le monde aura noté que les propositions libérales du premier ministre ont toutes déjà été testées… sans succès.
Les richesses créées par le travail servent essentiellement à alimenter les principales places boursières mondiales qui affichent des performances records ainsi que les dividendes versés dans le monde qui atteignent des sommets.
S'agissant des heures supplémentaires « désocialisées », Eric Heyer, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), indique que la mesure de défiscalisation des heures supplémentaires mise en place par N. Sarkozy fut à l'origine de pertes d'emplois « comprises entre 52 000 et 95 000 postes en 2011 » sans que sur la même période le pouvoir d'achat des ménages s'en ressente. Bref, cette mesure est un « tue l'emploi » !
Tout comme le CICE et sa pérennisation qui devrait représenter un budget de 20 milliards d'euros pour une efficacité quasi nulle.
Concernant la fin de l'indexation de la hausse des pensions de retraite sur l'inflation, les retraités sont une des cibles privilégiées des gouvernements successifs. Leur pouvoir d'achat, déjà largement entamé, sera encore réduit. Cette succession de mesures anti retraités vise à diviser encore un peu plus les générations de travailleurs.
Pour ce qui est de la suppression des postes de fonctionnaires et de la réduction des emplois aidés, rien de nouveau là non plus. Les libéraux ont très scrupuleusement cassé le service public qui constitue notre bien commun et le dernier rempart contre la division extrême de la société.
Jour après jour, les masques tombent, ce président ne fait plus illusion… Pourtant, des solutions existent pour redresser l'économie, redistribuer les richesses et améliorer les conditions de vie et de travail pour toutes et tous. La CGT est porteuse de propositions qui appellent à de nouvelles luttes !

Montreuil, le 27 août 2018

Université d'été solidaire et rebelle des mouvement sociaux et citoyens

jeu, 23/08/2018 - 11:05

La CGT et ses organisations seront présentes pour vous rencontrer à l'université d'été solidaire et rebelle des mouvements sociaux et citoyens.

Solidarité

Premier évènement public de la rentrée sociale, la CGT sera à votre rencontre et écoute lors de son université d'été.

À travers les allées, les modules et les ateliers, venez à notre rencontre pour vous informer, échanger, rencontrer des militants et responsables de la CGT.

Seront présents : la Confédération, l'Ugict-CGT, la fédération CGT des finances, la fédération CGT des services publics, la fédération CGT des banques, l'union départementale de l'Isère, la fédération CGT des activités postales et des télécommunications… et bien d'autres !

Venez nous retrouver, nous soutenir et participer à Grenoble, du 22 au 26 août.

Le programme complet : https://ue2018.org/IMG/pdf/programme-ue.pdf

Site de l'université d'été : https://ue2018.org/

Adresse :

Université d'été solidaire et rebelle des mouvements sociaux et citoyens
Université Grenoble-Alpes, bâtiment Stendhal
621, avenue Centrale, 38400 Saint-Martin-d'Hères.

Pour s'y rendre :

En bus et tramway :

  • Tram B — Presqu'île-Gières / Plaine des sports ;
  • Tram C — Seyssins-Le-Prisme / Saint-Martin-d'Hères Condillac Universités
  • Tram D — Saint-Martin-d'Hères Étienne Grappe / Les Taillées Universités
  • Bus lignes C5, 11, 69 : arrêt Bibliothèques universitaires

En train :
Arrêtez-vous à la gare de Grenoble ou celle de Gières gare-universités.

Stop à la répression syndicale au CHRU de Lille

mer, 22/08/2018 - 17:25
CHRU DE LILLE

La CGT condamne avec la plus grande fermeté les procédures disciplinaires engagées dans le cadre de l'action syndicale par la Direction générale du CHRU de Lille, à l'encontre de nos camarades Frédéric Herrewyn et Isabelle Bosseman (Secrétaires généraux des syndicats CGT et MICT CGT).
La CGT appelle l'ensemble des syndicats de l'interpro à renvoyer la motion de soutien et à venir au rassemblement au CHRU de Lille, le 29 août 2018.
Au-delà de l'attaque particulièrement violente et absurde dont sont l'objet nos deux camarades, c'est toute la CGT qui est attaquée dans sa mission de défense des salariés et du service public. Attaquer la CGT de cette façon, c'est attaquer tout notre système démocratique inscrit dans la Constitution et garant du bon fonctionnement de nos instances

Montreuil, le 22 août 2018

Les militants de Shenzhen déterminés à se syndiquer malgré leur licenciement

mer, 22/08/2018 - 14:47

Un petit groupe de travailleur·se·s de l'usine chinoise de Jasics à Shenzen réclament leur réintégration après avoir été licenciés et battus par des nervis pour avoir essayé de créer un syndicat. Leur mot d'ordre : « Nous voulons être réintégrés ! Nous voulons nous syndiquer ! »

Chine

Depuis le mois de mai, les travailleurs de l'usine de Jasics [1] à Schenzen [2] se plaignent de la dégradation des conditions de travail (passages à tabac, insultes, dénigrements…). Ils considèrent qu'ils sont traités comme des esclaves : leur salaire est versé tardivement, et la direction retire des centaines de yuans chaque mois en modifiant arbitrairement leurs horaires et en minorant leurs cotisations à l'assurance sociale et au fonds de logement.

Les travailleurs ont rencontré la représentation locale du syndicat ACFTU qui leur a conseillé de se syndiquer. Mais la Chine est sous la formule du syndicat unique, et la direction de Jasics a elle-même créé un syndicat ACFTU et désigné ses représentants syndicaux. Ainsi, les travailleurs en grève n'ont aucune possibilité de se syndiquer, à part de rentrer dans le syndicat de la direction.

Le 20 juillet, deux des manifestants ont été malmenés par des nervis et formellement licenciés alors qu'ils cherchaient à rentrer sur leur site de travail. Ils ont été arrêtés aux portes par des gardes de sécurité et, après une altercation, la police est intervenue et plusieurs des manifestants ont été arrêtés. Des collègues se sont rassemblés devant le poste de police et ont organisé une manifestation marathon. Tous les travailleurs ont été libérés par la suite.

Dans une lettre ouverte le responsable de la lutte, Mi Jiuping a remercié les soutiens et a souligné que « le droit syndical est protégé par la loi chinoise et que les travailleurs n'exercent que leur droit légal ». « La syndicalisation est-elle illégale, malfaisante ou effrayante ? » a interrogé Mi, qui a ensuite souligné que « personne ne peut nous empêcher de construire notre propre syndicat, personne ne peut détruire notre solidarité ».

Entre-temps, le syndicat ACFTU du district a annoncé le lundi 23 juillet qu'« un grand pas a été fait dans les efforts pour établir un syndicat d'entreprise chez Jasics Technology ». C'est ainsi que l'ACFTU du district a validé la création d'un syndicat nommé et organisé par la direction de l'entreprise.

Au cours de la lutte, des étudiants logeant près des locaux de l'entreprise et se revendiquant de maoïstes se sont joints, par solidarité, à la lutte des travailleurs. Aujourd'hui, plus de 20 personnes parmi les travailleurs et les étudiants sont encore emprisonnés sans raison. Les travailleurs et étudiants libérés font quant à eux état de menaces physiques et mentales ainsi que d'agressions sexuelles pendant leurs détentions.

Le 11 août, une des étudiantes, Shen Mengyu, animatrice du groupe d'étudiants, a été enlevée devant ses parents et ses camarades. Nul ne sait qui a ordonné son enlèvement ni où elle est détenue. La police locale se contentant de constater, sans effectuer d'enquête que son enlèvement serait dû à un conflit familial.

La CGT exige :

  • que Shen Mengyu soit retrouvée et libérée immédiatement ;
  • que l'ensemble des travailleurs et étudiants emprisonnés soient libérés immédiatement ;
  • que le droit de se syndiquer à un syndicat ouvrier soit garanti et que cette garantie s'applique partout en Chine.

[1] La société Jasics est cotée sur le marché chinois et est le numéro un dans le domaine industriel du poste à souder de type onduleur en Chine. Jasics a été la première société Chinoise à exporter ce type d'équipement. Jasics possède près d'une centaine de brevets et fabrique ses machines à souder en propriété exclusive. Son fondateur, Monsieur Pan Lei, en est toujours le président-directeur général. Il est également le vice-président de l'association de soudage de Chine, et est membre du Comité national de normalisation chinoise ainsi que représentant à l'assemblée populaire municipale de Shenzhen.

[2] Shenzen est une ville de la province du Guangdong en Chine, située en bordure de Hong-Kong. En 1980, une partie de son territoire acquiert le statut de zone économique spéciale et devient l'un des principaux lieux d'expérimentation de la politique d'ouverture aux investissements étrangers. Bénéficiant de sa position géographique privilégiée, elle connaît un essor économique et démographique spectaculaire. En 2010, elle compte environ 10 millions d'habitants et constitue une des Municipalités les plus riches de Chine. Elle fait partie de la mégalopole chinoise du delta de la Rivière des Perles.

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